Le Parrain 3.

Le Parrain 3.
Date de sortie : 27 Mars 1991

Réalisé par Francis Ford Coppola

Avec Al Pacino, Diane Keaton, Andy Garcia

Film américain.

Genre : Drame, Policier

Durée : 2h 40min.

Année de production : 1990

Titre original : The Godfather, part III

Synopsis:

Atteignant la soixantaine, Michael Corleone désire à la fois renouer avec les siens et se réhabiliter aux yeux de la société, surtout de l'Eglise. Il arrivera presque a ses fins, mais sa vie passée et ses anciens ennemis le rattraperont plus vite.

Michael Corleone est fatigué. Il veut prendre ses distances avec les activités mafieuses de sa famille. Il veut convertir ces activités en affaires légales. Kay, son ex-femme, lui fait même accepter que leur fils devienne un chanteur d'opéra et ne reprenne pas les activités familiales.
Pendant ce temps, la fille de Michael, Mary, et son neveu, le fils de Sonny, Vincent, nouent une idylle qui n'est pas la bienvenue dans la famille.
Il décide d'aider le Vatican à renflouer ses caisses et reçoit en échange le contrôle d'une entreprise immobilière leur appartenant. Attisant la jalousie de ses pairs, Michael échappe de justesse à un attentat commis par l'un d'eux. Vincent se propose alors pour reprendre les affaires de la famille en main.

Quelques critiques spectateurs:

Il est vrai que cette troisème partie du Parrain est en dessous de ces 2 prédécesseurs mais il marque tout de même une fin superbe à cette trilogie repésentant la vie de la famille Corleone!L'arrivée d'Andy Garcia est parfaite!C'est surtout le talent de tous les acteurs de ce 3ème opus qui est à souligner!Merci Coppola!

Ce troisième et dernier volet du parrain mérite 4 étoiles. Certe, il est peut être moins charismatique que les deux 1er, mais ça marque la fin de l'une des + grandes trilogie du cinéma mondial. La fin est tout simplement mémorable.

Décidément, impossible de mettre moins de quatre étoiles, même au dernier volet de cette excellente trilogie. Pourtant, on m'avait dit qu'il était largement en-dessous des deux autres, vu qu'il avait été fait beaucoup plus tard. Et bien, il n'en est rien... Il est, certes, un peu moins bien que le premier (qui est le meilleur), mais est tout aussi bien que le second. Cela est dû en grande partie à la très bonne prestation de Al Pacino, mais aussi à celle de Andy Garcia, excellent. Ajoutez à cela un final grandiose (quelle musique !!!) et vous comprendrez que vous ne devez pas passer à côté...

Ce que j'en pense:

Coppola aura signé avec Le Parrain l'une des plus grandes trilogies du cinéma ! Le Parrain III, nous présente un Michael Carleone fatigué, veuillant se laver de tous ses pêchés et défaire ces liens avec la mafia ! Le Parrain III, est je dirais quelque peu ressemblant avec le 2, où l'intrigue est la même, une conspiration contre Le Parrain, mais Le Parrain III, je dirais met à plat les zones d'ombres de Michael Carleone et de sa Famille ! L'on découvre l'Homme, ses démons, ses tourments, et l'on comprend mieux son chemin dans la mafia et ce qui l'a mit à la place du Don. A ses côtés on voit une jeune tête, Andy Garcia qui incarne Vincent Mancini, le fils de Sonny, celui qui voulait devenir Parrain et qui était sujet à des eccès de colère incontrôlable. J'ai adoré la prestation d'Andy Garcia, il a un aisance incroyable et à la fin, on retrouve en lui la même profondeur de regard que Al Pacino à ses débuts. La fin du film est poignante, stressante, du grand art ! Al Pacino est vraiment un grand acteur, un des meilleurs au monde, il est pffffffffff, époustouflant, m'a fait chialer ce con à la fin ! Le Parrain c'est l'histoire d'une Famille avant tout, les Carleone, une famille mythique dont l'histoire est une légende, parsemée de destins tragiques, elle aura connu tous les maux de la terre, être Parrain c'est être Dieu, tout le monde vous adore et tout le monde vous craind. Merci Coppola, un grand merci.

# Posté le vendredi 11 février 2005 02:13

Andy Garcia.

Andy Garcia.
Andy Garcia, c'est avant tout pour moi une gueule, il a une sacré gueule ce mec, il a la classe. Je l'ai vu hier soir dans Le Parrain III et il m'a bleuffé, je l'ai adoré, il avait la classe et à la fin quand il est Don Carleone, la profonduer de regard qu'il a. Je vous laisse en compagnie de sa biographie.

Biographie:

Né le 12 avril 1956 à La Havane à Cuba. Sa famille s'installe à Miami alors qu'il a 5 ans. Après des études à la Florida International University, il se produit sur la scène de différents théâtres régionaux avant de s'établir à Los Angeles à la fin des années 70 pour y poursuivre sa carrière à la fois au théâtre et au cinéma. Il tient son premier rôle en 1981 dans le pilote de " Hill Street Blues ".

Après des débuts remarqués dans "Blue Skies Again", " Un été pourri " puis " Huit millions de façons de mourir ", c'est avec Les incorruptibles en 1987 qu'il connaît son premier grand succès : il est nommé à l'Oscar et au Golden Globe du meilleur second rôle. Sa carrière décolle et il enchaîne film sur film : Black rain puis Affaires privées dans lequel son interprétation de Richard Avilla - un policier obstiné qui s'acharne à démasquer les malversations d'un de ses collègues, joué par Richard Gere - lui vaut d'être couronné Star de l'année par la National Association of Theatre Owners. Andy Garcia s'est depuis illustré dans des films comme Dead Again, Jennifer 8, L'enjeu pour lequel il remporte l'Alma Award du meilleur acteur du National Council of la Raza, Dernières heures à Denver, Faux frères, vrais jumeaux, Pour l'amour d'une femme aux côtés de Meg Ryan pour lequel ils obtiennent tous les deux le premier Prism Heritage Award. L'une de ses interprétations les plus marquantes reste celle de Vincent Mancini dans Le parrain III grâce à laquelle il a été cité à l'Oscar et au Golden Globe. Il a été salué pour son travail dans Dans l'ombre de Manhattan et pour ses interprétations de deux personnages légendaires, Lucky Luciano dans Les seigneurs de Harlem et le poète espagnol Federico Garcia Lorca dans " The disappearance of Garcia Lorca ". Il a depuis partagé avec Andie MacDowell l'affiche de Gary et Linda dont il est aussi producteur.

On l'a vu récemment dans Ocean's eleven de Steven Soderbergh aux côtés de George Clooney, Julia Roberts et Brad Pitt. Il a également produit et interprété " The man from Elysian Fields " face à Mike Jagger, James Coburn, Julianna Marguiles, Olivia Williams et Anjelica Huston sous la bannière de sa société de production CineSon.

Il a également tourné pour la télévision, en particulier pour les téléfilms " Clinton et Nadine " et " Guagasi ". Il a été la vedette de " Swing vote " sur un scénario de Ron Bass dont il est aussi coproducteur exécutif avec Jerry Bruckheimer.

Pour CineSon Productions, il a produit et interprété " For love or Country : the Arturo Sandoval Story " sur la vie du célèbre trompettiste cubain - un rôle qui lui a valu d'être cité au Golden Globe. Le téléfilm a été nommé au titre du meilleur film de télévision et à l'ALMA Award.

On le retrouve dans la suite de Ocean's eleven, Ocean's twelve de Steven Sodernergh le 15 décembre 2004.


Il a par ailleurs tourné son premier film en tant que réalisateur " Cachao... Como Su Ritmo No Hay Dos ", un long métrage documentaire sur la vie d'Israel " Cachao " Lopez, musicien et compositeur cubain légendaire, qui fut à l'origine du Mambo.

Il est aussi le coproducteur et a obtenu un Grammy Award en 1994 comme producteur de l'album tiré du film intitulé " Cachao Master Sessions, Volume 1 ". Le second volume a été cité au Grammy en 1995. Andy Garcia s'est vu remettre plusieurs prix dont un par la Harvard University Foundation pour sa contribution à la culture américaine et aux relations interculturelles.

Il travaille à présent sur un film intitulé " The lost City ", dont l'action se passe à la Havane dans les années 50.
Le 29 septembre 2004 on le retrouve à l'affiche de Modigliani de Mick Davis et interprète le rôle éponyme.
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# Posté le vendredi 11 février 2005 12:05

Modifié le jeudi 17 février 2005 13:57

Interview Tarantino à propos de Kill Bill vol.1.

Interview Tarantino à propos de Kill Bill vol.1.
Pourquoi un film d'arts martiaux ?

Quentin Tarantino : Au risque que ma réponse paraisse académique, j'ai grandi dans une communauté noire où les films d'arts martiaux étaient très populaires. Je souhaitais rendre hommage à ce type de cinéma et retrouver cette énergie vitale qui lui était inhérent. Le thème de la vengeance me permet d'ailleurs d'utiliser les vieilles qualités des Shaw Brothers. Concernant mes influences en termes de bande dessinée, je préfère simplement parler de feeling. Le personnage qui se veut le plus proche de cet univers n'est autre que la reine du crime O-Ren Ishii (Lucy Liu). Quant au volume 2, vous ne serez pas déçus, il y aura moins d'action mais plus de dialogues décalés, dont un savoureux sur Superman !

Une fascination pour les personnages féminins

Quentin Tarantino : Pam Grier et Uma Thurman sont des femmes que j'adore. Je fais en sorte que vous les chérissiez à travers mes yeux. Je construis l'intrigue du film autour d'elles pour ainsi magnifier leurs qualités et faire en sorte qu'elles donnent le meilleur d'elles-mêmes. Quant au travail d'écriture, je pars d'une idée originale que je laisse mûrir pendant de longs mois dans ma tête. J'y pense de manière obsessive et de temps à autre se dégagent des perles que je couche aussitôt sur le papier. Une fois les personnages établis, je les laisse parler dans mon esprit et ils guident ainsi ma plume.

La scène de combat en noir et blanc

Quentin Tarantino : J'ai toujours pensé à faire cette scène en noir et blanc, car ce procédé stimule l'oeil et donne un côté encore plus écarlate au sang. Comme disait Godard, "Il n'y a pas de sang dans mon film mais de la couleur rouge !" En fait, ce qui pose problème pour le public occidental, ce n'est pas le sang, mais la couleur rouge.

Collaborer avec Tarantino

Lawrence Bender : J'obéis à tout ce qu'il me dit de faire. C'est un perfectionniste qui sait ce qu'il veut. Quand je l'ai connu à ses débuts, il n'avait aucune expérience du milieu du cinéma. Mais voyant qu'il apprenait très vite, j'ai eu peur pour ma place. Pendant le tournage de Reservoir dogs, je craignais même d'être viré du tournage ! Je lui fournis l'environnement le plus créatif possible pour respecter sa vision du film et faire en sorte qu'il puisse donner libre cours à son imagination. Je lui fais totalement confiance et je me déclare satisfait lorsque je reçois au matin la feuille de tournage du jour même. Pour Kill Bill, Quentin Tarantino voulait aboutir à une expression artistique forte en compliquant tout lui-même. Il ne voulait pas faire comme ces "charlatans", mais tout en vrai, en grandeur nature. Rien que filmer les scènes de combat dans le cabaret japonais a pris plus de huit semaines.

Tarantino fétichiste des pieds ?

Quentin Tarantino : Chaque gros plan de pied est parfaitement justifié ! (rires)
Julie Dreyfus : A un moment du film, on voit un gros plan de mon pied sur la pédale d'accélérateur d'une voiture. Rien que pour cette scène, je me suis rendu à plusieurs reprises chez le pédicure. En tant que perfectionniste, Quentin écrit de façon détaillée les caractéristiques de chaque personnage, tout est déjà pensé par lui et cela nous facilite la vie dans notre approche d'acteur.

Et la vengeance ?

Quentin Tarantino : Je ne l'ai jamais expérimentée personnellement. La vengeance appartient aux hommes en colère... J'ai un tempérament trop calme et une vie trop belle pour me laisser aller à ce type de dérive. Je préfère ignorer mon adversaire plutôt que le dénigrer.

La bande-son

Quentin Tarantino : Obtenir les droits n'a pas posé de difficultés particulières. Il suffisait d'appeler la maison de disque, heureuse que vous utilisiez l'un de ses titres. J'ai réussi à avoir des compositeurs qui ne le savent pas eux-mêmes. Les Shaw Brothers ne s'embarrassaient pas de ce type de problème, ils prenaient et combinaient des sons et des musiques comme bon leur semblait, posant par exemple une musique d'Isaac Hayes sur un combat de kung-fu ! (rires) Cette juxtaposition musicale fait partie intégrante du genre. Le rappeur RZA, qui a composé une partie de la bande originale, partageait le même amour que moi pour les films d'arts martiaux et comprenait tout à fait ce que je recherchais. Des raccourcis mentaux se créaient automatiquement entre nous, me facilitant ainsi le travail.

Les projets en vue

Quentin Tarantino : Pendant ces cinq dernières années, j'ai écrit deux scénarii sur des films ayant pour cadre la Seconde Guerre mondiale, deux histoires séparées, n'ayant pas de lien de cause à effet, mais interprétées par les mêmes personnages. Mon prochain projet, ce pourrait bien être un western spaghetti "made in Seconde Guerre mondiale", une sorte de Il était une fois une France occupée par les nazis (rires). A part ça, pendant le tournage de Kill Bill, beaucoup d'idées m'ont traversé la tête, j'y réfléchirai réellement après la sortie du volume 2.

# Posté le vendredi 11 février 2005 13:19

Modifié le jeudi 17 février 2005 14:12

Mean Streets.

Mean Streets.
Date de sortie : 12 Mai 1976

Date de reprise : 04 Décembre 2002

Réalisé par Martin Scorsese

Avec Robert De Niro, Harvey Keitel, David Proval

Film américain.

Genre : Drame

Durée : 1h 50min.

Année de production : 1973

Synopsis:

En 1973, à New York, dans la petite Italie, Johnny Boy et Charlie, des malfrats à l'affût de combines louches, côtoient les mafiosi qu'ils envient. Pour accéder au haut du pavé, une règle impérative : respecter la loi d'honneur du milieu. Charlie, lui, a ses chances, car il a un oncle mafieux. Mais le problème se pose pour Johnny, un bagarreur inconscient, criblé de dettes. Lorsque celui-ci se procure une arme à feu et commence à faire le malin, ça dérape...

Secrets de tournage:

Un projet difficile à monter
Martin Scorsese a écrit la première version de Mean Streets en 1966 avec Mardik Martin avec qui il était à l'Université de New York. Les deux hommes ne trouvent alors personne pour financer le film. Cette première version du scénario tournait autour du conflit religieux. Martin Scorsese voulait "prendre pour personnage principal un saint qui vivrait dans un monde de gangsters." Le cinéaste ajoute : "il est intéressant de voir comment cet homme peut faire une bonne action dans un tel monde. Si quelqu'un te parle de travers, tu dois le tuer ou lui écraser le crâne. Les règles de ce monde sont aussi simples que ça. Le personnage nie cette réalité et fait la pire chose qu'il peut faire. Il essaie d'éviter toute confrontation, dispute ou le moindre problème jusqu'à ce que la situation explose."
Après avoir fini le tournage de son premier film, Who's that knocking at my door ? avec Harvey Keitel, les deux hommes écrivent une deuxième version en essayant de corriger les erreurs de ce premier essai. Toujours personne ne veut financer le projet. Après le tournage de Bertha Boxcar produit par Roger Corman, John Cassavetes conseille à Martin Scorsese de revenir à un film plus personnel. Il reprend le scénario de Mean Streets et sur les conseils de Sandra Weintraub Roland accorde une plus grande importance au style de vie de ses personnages de Little Italy et intègre de nombreuses anecdotes inspirées de sa vie et de celle de ses amis.
Content de Bertha Boxcar, Roger Corman propose à Martin Scorsese de produire le film. Seule condition, le cinéaste doit changer ses personnages d'origine italienne pour des afro-américains pour en faire un film de Blaxplotation, genre qui connaît quelques succès importants à l'époque. Soucieux de ne pas compromettre son projet, Martin Scorsese refuse l'offre. Roger Corman lui prêtera néanmoins l'équipe technique non-syndiquée avec qui il avait tourné Bertha Boxcar.
Jonathan T. Taplin se montre alors intéréssé. Il produit le film mais avec un budget très limité. Mean Streets se révelera un important succès qui lance la carrière de Martin Scorsese d'un point de vue commercial et critique.

Le style Scorsese
On retrouve dans Mean Streets les premiers mouvements de caméras élaborés de Martin Scorsese et un style nerveux que l'on retrouvera dans ses films suivant notamment Taxi Driver. La grande majorité des scènes était storyboardée en avance. Le cinéaste voulait imprimer son énergie sur le film ena accord avec la musique et le style de vie de ses personnages. Une partie de ses choix de mise en scène est également venue de contraintes économiques. Pour tourner le plus vite possible, Martin Scorsese a choisi de tourner caméra à l'épaule. Le cinéaste n'avait pas non plus les moyens de faire des plans généraux établissant la situation géographique des personnages. Si ces derniers se déplacent, on les suit le plus souvent d'un intérieur à un autre.

Apparitions
Martin Scorsese fait une courte apparition dans Mean Streets. C'est lui qui tire sur la voiture où se trouve les personnages principaux sur le Brooklyn bridge. On retrouve également dans le film la mère du cinéaste, Catherine Scorsese, ainsi que David Carradine qui joue ici un alcoolique qui s'attire des problèmes dans un bar. Ce dernier était l'interprète principal de Bertha Boxcar, le film précédent de Martin Scorsese.

Robert de Niro
Robert De Niro a été présenté à Martin Scorsese par l'intermédiaire de Brian De Palma avec qui il avait tourné The Wedding Party, Greetings et Hi, Mom!. L'acteur était déjà un admirateur du premier long métrage du cinéaste, Who's that knocking at my door ?. Les deux hommes se sont très bien entendus tout de suite et ont collaboré par la suite à de très nombreux projets parmi lesquels Taxi Driver, New York, New York, La Valse des pantins ou Les Nerfs à vif.

Gangsters
Grand amateur de films de gangsters, Martin Scorsese a pensé Mean Streets comme un hommage aux films de la Warner Brothers des années trente. Le cinéaste reviendra au genre plusieurs fois par la suite avec Les Affranchis et Casino. A la différence de ses tentatives suivantes où les personnages principaux sont de vrais mafieux, Mean Streets comme, son premier long métrage Who's that knocking at my door ?, se concentre plutôt sur de jeunes délinquants de Little Italy.

Un film autobiographique
Martin Scorsese décrit Mean Streets comme un film autobiographique : "C'était une tentative de faire un film sur la manière dont moi et mes amis vivions à Little Italy. Il y a une dimension anthropologique ou sociologique au coeur même du projet. Charlie se sert des autres en pensant les aider. En croyant cela, il ruine tous ses efforts aussi bien envers les autres que lui-même. Quand il se bat avec Johnny dans la rue, il essaie de donner l'impression qu'il le fait pour les autres mais ce n'est qu'une question d'orgueil, le premier peché dans la bible. Ma voix est utilisée en alternance avec celle d'Harvey Keitel pendant tout le film. C'était un moyen pour moi de trouver une paix intérieur. Il est très facile de se discipliner pour aller à la messe tous les dimanches. Ca ne prouve rien. Pour moi, la rédemption ne peut venir que de la façon dont on vit et dont on se comporte avec les autres."

Musique
La musique tient une très grande place dans Mean Streets de l'avis même de Martin Scorsese : "J'ai utilisé la musique avec laquelle j'avais grandi. Elle faisait naître toutes ces images. Il fallait gérer le problème des droits. Certains artistes se sont manifestés des années plus tard et Warner Bros a dû les payer. Nous essayions au maximum de les contacter en amont du projet mais pas toujours avec succès. Pour moi, Mean Streets a la meilleur bande son possible parce que ce sont tous des morceaux que j'ai aimé et qui représentait notre manière de vivre. Nous n'héstions pas à garder les morceaux sur plusieurs minutes dans le film. Pour moi, Mean Streets, c'est "Jumping Jack Flash" et Be my baby"."

Le rêve américain
Martin Scorsese évoque un des thèmes de Mean Streets, la corruption du rêve américain : "Mean streets parle du rêve américain selon lequel tout le monde peut croire qu'il va devenir riche un jour. Si on ne peut y arriver par des moyens légaux, on trouvera d'autres moyens. Ce problème concernant les valeurs mêmes de notre société est toujours présent aujourd'hui. C'est un des thèmes que j'ai encore envie de traiter à l'avenir." Martin Scorsese aborde le même sujet en 1990 avec Les Affranchis.

Effets immédiats
La sortie de Mean Streets eut deux effets immédiats. Après avoir vu le film, Francis Ford Coppola décida d'engager Robert De Niro pour tourner Le Parrain, 2ème partie. Ellen Burstyn et ses producteurs contactèrent Martin Scorsese pour mettre en scène Alice n'habite plus ici.

Direction d'acteur
Martin Scorsese décida de tourner la scène où Robert De Niro sort un pistolet à Richard Romanus à la fin du tournage. Les deux acteurs ne s'entendaient pas du tout et le réalisateur essaya de jouer sur cette animosité. Il multiplie le nombre de prises afin d'accroître la nervosité des deux interprètes pendant la scène.

Improvisations
Les comédiens ont d'abord pu improviser de nombreuses scènes pendant les dix jours de répétitions. Ce processus créatif s'est poursuivi dans une moindre mesure par la suite. Les scènes où Harvey Keitel et Robert De Niro se battent avec des poubelles ou discutent à l'arrière du bar ont été totalement improvisées par les acteurs pendant les 27 jours de tournage.

New York
Pour tourner Mean Streets, Martin Scorsese a cherché à engager des acteurs originaires de New York. Robert De Niro a grandi dans le même quartier que le cinéaste. Si les deux hommes ne se fréquentaient pas, ils se connaissaient de vue bien avant de faire du cinéma. Harvey Keitel est originaire du Bronx. David Proval, Richard Romanus et une grande partie du reste du casting sont également New Yorkais.

Los Angeles
Bien que l'histoire de Mean Streets se déroule à New York, seuls quelques extérieurs ont effectivment été tournés sur place. La grande majorité du travail s'est fait à Los Angeles pour des raisons économiques. C'est notamment le cas de tous les intérieurs et de quelques extérieurs comme la scène finale en voiture.

Pistes de casting
Deux grands acteurs américains ont été contactés pour jouer dans Mean Streets. Martin Scorsese a envoyé le script à Al Pacino. Celui n'a jamais répondu. Les producteurs du film de leur côté ont demandé à Jon Voight d'incarner Charlie à l'écran mais il refusa leur offre.

Ce que j'en pense:

Alors j'ai vraiment eut du mal à accrocher à ce film, Robert DeNiro et Harvey Keitel sont très bons, ils ont une gueule faut dire ! Y a pas vraiment d'histoire en fait, y a pas de trame, ya pas vraiment d'action, c'est plat, on suit deux mecs Charlie qui semble avec un avenir plutôt prometteur dans le domaine et Johnny qui lui n'a de cesse de se foutre de la gueule du monde, de se battre et de s'endetter au plus haut point ! Et puis à la fin ça dégénère, mas j'ai trouvé un peu mou, j'ai bien aimé la description de Little Italy faite par Scorsese ainsi que la performance de nos deux jeunes star que sont Harvey Keitel et Robert DeNiro. Un film à voir certainement mais si vous l'avez pas vu c'est pas grave du tout.

# Posté le lundi 14 février 2005 15:08

Modifié le samedi 19 février 2005 08:07

Harvey Keitel.

Harvey Keitel.
Harvey Keitel est né le 13 mai 1939 à Brooklyn. Il est d'une famille d'origine juive qui a fuit l'antisémitisme européen. Son père d'origine polonaise et sa mère d'origine roumaine lui impose une éducation très ancrée dans la religion et son grand-père, un homme très stricte, assure ses études.
Mais plus les années passent et plus la misère et les horreurs que lui dévoile le monde lui font perdre sa foi. Petit à petit, il s'éloigne de la religion, devient un petit voyou, une petite frappe, un petit délinquant au blouson de cuir.
Et comme dernier refus de le religion, il s'engage à 16 ans dans les Marines qui l'entraîneront jusqu'au Liban.

Lorsqu'il revient à New York, il effectue de nombreux petits boulots avant de comprendre que sa vocation est d'être acteur et de faire parti de l'Actor's Studio.

C'est au café La Mama qu'il débute à New York en jouant Up To Thursday. Une petite anecdote circule d'ailleurs sur cet évènement. Salvator Dali aurait assisté à la pièce mais serait parti bien avant la fin. Cela ne l'empêchera pas de mettre en pièce des scènes telles que La Mort du commis voyageur en 1975 (dans lequel il joue également) ou Goose and Tom-Tom et Hurlyburly que dirige Mike Nichols.

Mais ce n'est pas le choix théâtral qui fera la carrière de Keitel mais bel et bien le 7ème art. Le cinéma qu'il va explorer à travers une filmographie impressionnante (plus de 100 longs métrages à son actif !). Et il va conquérir aussi bien le cinéma indépendant que les grands studios américains ainsi que les cinéastes européens.

Il débute sous les caméras de John Huston en 1967 dans Reflets dans un ½il d'or avec Marlon Brando et Elizabeth Taylor. Mais il n'est que figurant et n'est pas crédité au casting.

C'est Martin Scorsese qui va offrir à Harvey Keitel ses premiers vrais rôles dans Who's that knocking at my door ? en 1969 et dans Mean Streets avec Robert De Niro en 1973.

Harvey Keitel possède une gueule, un physique et une vois de dure. Sa carrure imposante et son visage d'enfoiré de première le confinent le plus souvent dans des rôles de flics droits et sévères (dans Copkiller en 1983, Pensées mortelles en 1991, Thelma et Louise la même année ou encore Dragon Rouge en 2002. Cependant il ne se laisse pas prendre par les stéréotypes et signe sous la direction d'Abel Ferrara dans Bad Lieutenant l'un de ses meilleurs prestations. Il se glisse dans la peau d'un flic entament une descente aux Enfers) où dans des rôles de gangsters (il commence dans Mean Streets, continue sous la direction de De Palma dans Wise Guys en 1986, dans Sister Act en 1992 et atteint son apogée dans deux films de Tarantino : Reservoir Dogs et Pulp Fiction).

Il est vrai que c'est grâce à Keitel que Tarantino a pu boucler le tournage de Pulp Fiction. Il y campe Mister White, un gangster très « pro », il gardera ce même caractère imposant de père des pères dans Pulp Fiction et jouera les curés ayant perdu la foi dans Une nuit en enfer réalisé par Robert Rodriguez mais écrit pas Tarantino.

Outre ses rôles de flics et de gangsters, la 3ème catégorie dans laquelle il fut souvent rangé est celle des militaires. Etant un ancien Marines, possédant un corps d'athlète et une gueule de tueur, il fut souvent employé comme Barracuda de service. D'ailleurs, en 1976, Harvey Keitel, après le désistement de Steve McQueen, Al Pacino, James Caan et Jack Nicholson, obtient le rôle principal d'Apocalypse Now. Mais après une semaine de tournage, Coppola le vire et le remplace par Martin Sheen. Un épisode douloureux pour Keitel qui aura du mal à le digérer.

Mais, Harvey Keitel est un acteur indépendant qui ne choisit pas le film en fonction du metteur en scène mais du scénario, sinon il n'aurait jamais fait confiance en de jeunes débutants comme Tarantino. Il lit les scénarii qui lui sont envoyés et choisit ses rôles en fonction. C'est pourquoi il ne s'est jamais laissé enfermer dans les cases qu'on lui imposait, allant souvent vers le cinéma indépendant et les productions européennes.

Le Vieux continent, Keitel s'est tourné vers lui dès le début de sa carrière. En effet, en 1977 il joue dans Les Duellistes, film britannique et premier film du grand Ridley Scott. Il y incarne un officier napoléonien hargneux. Ensuite, il va se diriger vers les productions françaises et italiennes, tournant avec deux grands réalisateurs : Bertrand Tavernier, pour La Mort en direct (1980) et Ettore Scola pour La Nuit des Varennes (1982).

Et ce n'est pas parce que Keitel s'en va régulièrement en Europe tourner chez divers metteur en scène qu'il délaisse Hollywood. Il ne crache pas sur les grands studios puisque la majorité de ses films ont été tournés chez ceux-ci mais il n'appartient à rien, pas même à Hollywood. Il jouera d'ailleurs dans Mon ami Dodger en 1994 qui est comédie pour enfant. Un petit navet en soit, mais Keitel l'a tourné car il voulait faire plaisir à sa fille. Harvey Keitel est donc un acteur qui assume tous ses choix.

"Le cinéma indépendant existait avant Hollywood. Hollywood est un mythe. Hollywood n'existe pas. Nous sommes le Hollywood que nous voulons si nous acceptons de prendre des risques."

Enfin, si l'on cherche un Harvey Keitel sensible, touchant qui ne tue personne. Il faut aller du côté de Jane Campion et La leçon de piano (qui reçut d'ailleurs la Palme d'Or). La réalisatrice a su briser son physique de dur à cuir pour faire ressortir cette âme profonde et sensible qui émeut. Des rôles quasi inexistants dans la filmographie de Keitel.

Harvey Keitel est un acteur de seconds rôles à qui l'on a trop peu donné sa chance. Cela ne l'empêche pas d'avoir une filmographie de légende et d'être une des figures les plus respectées du cinéma.

Pour vous donner le vertige, la liste des grands réalisateurs avec qui Keitel à tourner :

Martin Scorsese, Peter Yates, Robert Altman, Ridley Scott, Stanley Donen, Bertrand Tavernier, Ettore Scola, Brian De Palma, Dario Argento, George A. Romero, Barry Levinson, Quentin Tarantino, Abel Ferrara, Jane Campion, Theo Angelopoulos et Robert Rodriguez. Qui dit mieux ?

# Posté le lundi 14 février 2005 15:19

Modifié le jeudi 24 mai 2007 09:07